UNE CONGREGATION, POURQUOI FAIRE ?

UNE CONGREGATION, POURQUOI FAIRE ?

La nécessité de se rencontrer et de vivre en société est inscrite dans la nature humaine. « Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul » dit Dieu, au début de la Bible, (Genèse 2,18).

Si, dans le contexte de l’histoire de la création, il s’agit de donner une compagne à Adam, en la personne d’Eve, cette affirmation dépasse le simple cadre du couple homme et femme.

Vivre ensemble, socialement, est la garantie de la vie, de notre vie. L’isolement total mène à la destruction de l’être, à la mort.

Mais la rencontre peut être bien plus qu’une question de vie et de survie, physique et affective. Elle porte en elle la capacité de créer la vie et de l’épanouir.

Ainsi, de la vocation de la famille humaine à celle d’une congrégation, il n’y a qu’un pas. Les deux, pour ne citer qu’elles, sont appelées à donner la vie et à la revêtir de sa vraie dignité.

Car la Congrégation, comme son nom l’indique, apparaît comme « un-vivre-ensemble », de femmes et d’hommes, au service de la vie et pas n’importe laquelle. Elle est appelée par Dieu à participer à la mission de l’Eglise,  de porter l’Evangile de Jésus Christ au monde, la vraie VIE.

C’est aussi la raison d’être de la Congrégation du Très saint Rédempteur ou des Rédemptoristes, fondée par saint Alphonse de Liguori en 1732, dans le royaume de Naples.

(Vous pouvez trouver dans ce site toute l’histoire de cette fondation).

La Mission de la Congrégation des Rédemptoristes.

Un passage de l’introduction du Livres des Constitutions et des Statuts de la Congrégation, nous propose une bonne synthèse de sa Mission particulière.

Tous les Rédemptoristes s’efforcent donc de continuer la mission du Très-Saint-Rédempteur et des Apôtres ; ils s’appliquent à garder l’esprit de leur Fondateur, (Saint Alphonse-Marie de Liguori) s’accordent toujours au dynamisme missionnaire de l’Eglise, avec une préférence pour les pauvres, et consacrent leurs forces à répondre aux besoins du monde actuel.

Vaste programme, impossible à réaliser sans l’aide du Seigneur et sans une fraternelle communion de ses membres, engagés ensemble à répondre à ces appels.

  1. Continuer la mission du Très-Saint-Rédempteur et des Apôtres…

Ce premier appel englobe tous les autres. Il exprime la vocation même de tous les baptisés : mettez-vous à la suite du Christ et de ses premiers disciples pour annoncer son Evangile, sa Bonne Nouvelle, à tous les hommes. (Marc16,15) : « Allez par le monde entier, proclamez l’évangile à toutes les créatures »

  • Garder l’esprit du Fondateur, Alphonse de Liguori, s’accorder toujours au dynamisme missionnaire de l’Eglise, avec une préférence aux pauvres.

Saint Alphonse a cherché comment évangéliser. Il a commencé par regarder vivre ses contemporains, avec leurs besoins, leurs fragilités et leurs aspirations. Les découvertes qu’il ne cessera de faire en ce domaine, le conduisent à se séparer peu à peu de tous ses projets d’avenir et de ceux que d’autres avaient envisagés pour lui, homme brillant, de noble lignée, intelligent, cultivé et doué à tous points de vue.

Mais son regard se tourne de plus en plus vers ces êtres que personne ne voit plus, y compris l’église de son temps. Si, d’une certaine manière, la Congrégation est née en constatant la détresse morale, spirituelle et matérielle des bergers de Scala et environ, elle était bien avant déjà, en gestation, dans la pensée et le cœur d’Alphonse.

Je citerai, à cet égard, une démarche, parmi d’autres, du jeune Alphonse. Régulièrement, jeune homme, il se rendait dans l’hôpital des Incurables à Naples. On parlerait aujourd’hui d’un mouroir, tel que Mère Teresa et ses sœurs ont visité à Calcutta.

Ces malades, abandonnés à leur sort, souvent oubliés de tous, retrouvèrent auprès d’Alphonse, dans les soins et l’amour qu’il leur prodiguait, la dignité et l’espérance, au cœur même de leur misère.

Pour Alphonse, évangéliser c’est donc annoncer à tout être humain :

Tu es un enfant bien aimé de Dieu. Jésus est venu vivre et réaliser cette bonne nouvelle au milieu de nous, pour toi, pour nous, dans sa propre personne, dans sa mort sur la Croix et sa Résurrection.

Toute pauvreté humaine exprime un manque et l’absence de quelque chose ou de quelqu’un. C’est dans ces creux et ces vides, au fond des cœurs, que veut entrer et demeurer le Christ. A nous, de lui préparer et ouvrir le chemin. C’est cela « évangéliser » !

Ainsi, Alphonse, non seulement rejoint le dynamisme de l’Eglise, il le renouvelle et l’ouvre sur les réalités présentes de son temps.

  • Consacrer ses forces à répondre aux besoins du monde actuels.

Oui ! Mais comment connaître les besoins des hommes de son temps et de l’ensemble de la création, sans vivre au cœur de l’humanité, sans l’écouter et l’aimer, à l’exemple d’Alphonse ?

La mission c’est l’envoi, le missionnaire est l’envoyé.

« Des pauvres, vous en avez toujours avec vous ». (Jean 12,8) rappelle le Christ, à ses apôtres, à ses disciples de tous les temps, à vous et à nous, Rédemptoristes aujourd’hui.

Tout besoin, nous l’avons dit, représente une pauvreté et appelle, consciemment ou non, une réponse.

Pauvretés aux mille visages, matérielles, affectives, spirituelles…

Pauvretés crées par les guerres, la famine, les catastrophes, les violences…

Pauvretés des sans-logis, des réfugiés, des laissés-pour-compte, des enfants qui ont peur, des mal aimés ou pas aimés du tout…

Mais pauvretés aussi des pourvus et riches en argent, repliés sur eux-mêmes et leurs biens, esclaves de leurs égoïsmes, de leurs idéologies mortifères…

En face, il y a toutes les pauvretés de celles et ceux qui se dépouillent et s’oublient et se donnent, se dévouent, nourrissent, soignent, accueillent, protègent… Pauvretés devenus les vraies richesses, à la suite de celui « qui passait en faisant le Bien, car Dieu était avec lui » (Actes 10,38). C’est ainsi que Pierre parlait de Jésus.

Nous sommes véritablement chrétiens missionnaires et rédemptoristes en le rejoignant et le suivant sur ce chemin du bien. Marie, Mère de Dieu et notre Mère, nous y engage : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ». (Jean 2, 5)

Secours et modèle de Saint Alphonse, Notre Dame « aux nombreux épis » nous accompagne et nous aide dans l’accomplissement de notre vocation, celle que Dieu nous donne et l’appel qu’il nous adresse… par son Fils Jésus (Jean 1,39)

« VENEZ ET VOUS VERREZ ! »

MG

23 octobre 2020.

sanctuaire Notre Dame des Trois Epis

sanctuaire Notre Dame des Trois Epis

Connaissez-vous les Trois-Epis ?

Si vous vous interrogez sur sa localisation géographique, laissez-vous surprendre par ce petit article qui vous permettra non seulement de situer ce beau lieu de notre Alsace, mais aussi d’entrer dans son message adressé un jour par la Vierge Marie à tout homme  de bonne volonté. Un petit clin d’œil pour chacun de nous : randonneurs, touristes, amateurs de la belle nature et du bon air, chercheurs aussi de spirituel.

Il est vrai, quand vous côtoyez des gens de Colmar ou des environs, et que vous leur posez cette question, beaucoup répondent :   Trois – Epis ? … Connais pas…  Et pourtant c’est à deux pas de leur maison, prolongeant cette belle cité par un écrin de verdure, au-delà des vignobles d’Ammerschwihr, de Niedermorschwihr et de Turckheim, connus par leurs grands crus, villages qui se rejoignent là-haut à 650 m d’altitude pour se partager ce lieu-dit qui tire son nom d’une apparition de la Vierge Marie datant de la fin du 15ème siècle.

Une apparition de la Vierge ? 

Qui va encore croire à une apparition de nos jours, disent les sceptiques. Et cela nous laisse bien indifférents. Nous aimons néanmoins lire de temps en temps une légende. Une apparition est bien différente. Dans le dictionnaire des Apparitions de la Vierge, le Père René Laurentin et Patrick Sbalchiero parlent  de plus de 2400 apparitions à travers le monde. Nous dirions aujourd’hui : une vraie inflation…

Le père nous dit : « phénomènes beaucoup plus ancien qu’on ne le croit souvent, les apparitions sont un signe de contradiction entre ceux qui les tiennent pour une pathologie ou un effet de la subjectivité et de multiples voyants qui les prennent comme des messages du ciel. Pour leur part, l’Église et sa hiérarchie les regardent avec une infinie méfiance  et considèrent  qu’ils ne relèvent  ni de la norme  ni d’un dogme. »

L’Église exprime une grande prudence face à ces manifestations qui n’ajoutent rien aux dogmes de la foi et nous rappellent par là l’importance incontournable  des Saintes Ecritures, la vraie source de notre foi.

Des signes qui nous livrent un message, la grâce du lieu.

Une « apparition » peut nous laisser indifférents. Mais un  « message » nous touche, nous interpelle. Et ici Marie a donné un message qui peut toucher tout homme dans sa vie quel qu’il soit.

C’était le 3 mai 1491, la Vierge Marie a posé ses pieds sur notre terre d’Alsace. Elle  est apparue à un forgeron d’Orbey, nous dit la tradition. C’était un homme habitué  au  marché de Niedemorschwihr. Il s’était arrêté au carrefour des chemins là-haut sur la montagne, à l’endroit où naguère un paysan s’était mortellement blessé avec sa faucille. Il a honoré sa mémoire par une petite prière. Et c’est là, à l’emplacement de « l’homme mort » qu’il y a eu cet événement rapporté par de nombreux textes.   Tel le Livre des origines, le « Urkendenbuch », manuscrit datant du milieu du 16ème siècle où encore le texte que nous pouvons lire notamment dans « les recherches Des Saintes Antiquités De La Vosge, de Jean Ruyr , chantre et chanoine de l’Egise de Sainct Diey en 1634 » un abrégé de l’histoire de la chapelle de la bienheureuse  Vierge aux Trois-Epis .

Voici quelques extraits « …la mère du Sauveur se présente à lui reluisante d’une beauté sortable à la qualité de la personne. Mais comme elle le remplissait de respect; aussi me couvrirais de vergogne, si j’entreprenais de la décrire. Elle portait en une main trois-épis et en l’autre un lingot de glace,   tempérant sa Majesté d’une maternelle douceur. Elle l’arraisonne en cette sorte : « Va-t-en plus vite que le pas à Niedermorschwihr dénonce aux habitants qu’ils aient à rentrer sérieusement en eux-mêmes, qu’ils effacent les taches de leur vie passée,qu’ils en fassent pénitence, et de ces signes avertissent charitablement leurs voisins. Qu’ils ordonnent des Oraisons Publiques, qu’ils crient miséricorde et se mettent en devoir d’annoncer la justice divine. Que s’ils n’en tiennent compte, qu’ils attendent assurément un dégât général des fruits de leurs arbres  et de leurs moissons. ». Ce dévot maréchal écoute, tout effrayé, la menace amoureuse de la Mère de Dieu, puis relevant son coeur du mieux qu’il peut , réplique à la Vierge, d’une voix tremblante « Hélas et comment me croiront-ils, si je leur porte cette nouvelle ? –  Ces signes, reprend la Vierge, que tu vois en mes mains, donneront crédit à tes paroles », et elle disparut.

En cette fin de siècle ce message veut ramener les gens à l’essentiel. Face aux inquiétudes, aux menaces, aux dépravations  qui planent sur l’Église et la société, Marie redonne sens à la vie et elle demande de se questionner sur le choix de vie que nous faisons pour bâtir ensemble une humanité digne et juste.

En effet , la dépravation des mœurs était grande à l’époque . Il faut se rappeler l’écrivain humaniste Sébastien Brant de Strasbourg qui écrit  en 1494  sa célèbre satire sur les folies de son temps: le « Narrenschiff » ( la nef  des fous)  Sur ce navire il réunit tous les fous qu’ils croisent : les avares, les buveurs, les licencieux… et il trouve que le bateau est trop petit pour contenir tout le monde.

Il prendra aussi prétexte des grands dérèglements climatiques, inondations, grands froids, de la chute du météorite  tombé en 1492  pour prédire la fin du monde.

On pourrait rajouter à cela la célèbre voix de Geiler de Kaysersberg qui  essayait de ramener à des sentiments meilleurs les fidèles.

Ainsi le message de Marie a-t-il trouvé toute sa pertinence en cette fin du 15ème siècle et début du 16ème.

Un message qui a traversé tous les siècles avec la même actualité, repris souvent par les autres apparitions qui ont suivies celle des Trois-Epis et qui a encore du sens aujourd’hui.

Oui le message de Notre Dame des Trois-Epis  a gardé toute sa fraîcheur et son actualité pour notre temps .  Toute personne peut être touchée par ces signes qu’elle tenait dans ces mains surtout dans notre contexte de dérèglement climatique dont il est question pratiquement tous les jours.

Que vient faire ce glaçon dans les mains de Notre Dame des Trois-Epis ?

Quand il m’arrive de poser la question aux pèlerins et aux touristes : qu’est-ce que vous trouvez d’intéressant dans le message de ce lieu ? Sans hésiter ils me répondent : ce sont les épis que Marie tient dans sa main : c’est la bénédiction  de Dieu, l’abondance, le partage, le don de l’Eucharistie

Rarement ils me parlent du glaçon ; même dans les représentations de l‘apparition le glaçon disparaît parfois.

Le glaçon aurait il une connotation de malheurs, de jugement d’un  Dieu implacable dont on ne pourrait se soustraire ? Marquerait-il la rupture entre Dieu et l’homme par sa froidure et sa dureté ?

Ou serait-il plutôt un clin d’oeil de la part de Dieu adressé à tout homme de bonne volonté ?

Souvent nous cherchons la cause de nos malheurs chez les autres…

Mais observons  un glaçon. Un glaçon peut fondre à la chaleur du soleil, le coeur de l’homme endurci peut se réchauffer à la source de l’amour.

On dit parfois «  c’est dommage, aux Trois-Epis il n’y a pas de source ». Et pourtant !

Quand le glaçon fond, il génère de l’eau, cet essentiel pour l’homme. Nous l’éprouvons de plus en plus de nos  jours . Ce n’est que dans la mesure où le glaçon fond que Marie peut nous présenter dans l’autre main de beaux épis ! Si le glaçon ne fond pas , pas d’épis. Mais s’il fond, l‘eau qu’il libère va alimenter la riche moisson que Marie nous présente dans  l’autre main.

Une voie que Marie nous ouvre sur cette montagne, un chemin de vie qu’elle adresse à tous venants, mais plus particulièrement  à ceux qu’elle accueille ici pour leur confier ce message de vie. La grâce de ce lieu c’est qu’on ne repart jamais les mains vides, parce que Marie, en présentant ses épis, nous engagent à un travail intérieur pour laisser croître dans nos coeurs cette semence de vie , petit grain de blé, alimenté sans cesse par notre conversion et qui peut alors devenir dans nos mains une moisson abondante.

« Va plus vite que ton pas et annonce la bonne nouvelle aux gens du marché »

Nous connaissons les peurs et les réticences de Thierry Schoeré à proclamer ce message sur la place du marché de Niedermorschwihr. Sa langue s’est déliée. Sa  parole a fait tache d’huile et depuis plus de cinq siècles ce lieu est un lieu de vie et de bienfaits.

Rappelle-toi… la source ? Tu l’as trouveras au fond de toi-même.

Trois-Epis ? Une merveille à découvrir dans ses bienfaits de la nature, de la santé avec ses promenades, son air pur et… cette source d’eau vive qui ouvre notre coeur et notre vie à tous les possibles.

Un pèlerinage, un lieu d’accueil, d’écoute,  un lieu de proclamation et de célébration de la foi animé par les missionnaires rédemptoristes.

Une Maison d’Accueil   au service de toute personne désireuse de prendre du temps pour soi, ouverte à tout groupe pour un travail de ressourcement  dans un cadre  accessible à tous, confortable, calme et serein.

Tél. : 03 89 78 95 95       Courriel :  accueil@ndtroiseois.fr

                                                                                               Père Alphonse Peter